Chronique d’un divorce annoncé – I-

– I –

Le Burn-Out

Je pourrais vous raconter mille histoires sur ce mariage… Mais en réalité, il n’y a que la fin qui compte, et qu’intéresse vraiment. Cette fin tragique et inattendue, mais qui sûrement ne pouvait pas se finir autrement. Peut-être que pour comprendre cette fin, il faudrait déjà connaître au moins le début de l’histoire.

C’est avant tout une histoire d’amour… Comme le sont les meilleures histoires du monde : un garçon et une fille, qui tombent follement amoureux…

Il était une fois une jeune fille de 23 ans qui lors d’une soirée à Paris, rencontra un bel homme. Elle le snobe pendant un mois, et puis un beau dimanche de pluie, elle accepta de déjeuner chez lui. Ils tombent amoureux cette nuit-là, et par la suite, quelques mois plus tard, elle quitte son job, ses amis, sa famille, et son pays, pour aménager avec lui, et donner une chance à leur histoire d’amour.

Six mois plus tard, il la demanda en mariage ! Six mois encore plus tard, ils fêtent leurs noces !!! Ahhhh, mais c’est que parfois quand on aime, on est pressé de vouloir tout construire en vitesse.

Ils étaient beaux, ils étaient jeunes… Très différents, mais complémentaires. Et en tout cas pleins de rêves et d’espoir. Rapidement, ils ont acheté leur premier appart, et bien évidemment, ils planifier l’arrivée des enfants. Au moins deux, rêvaient-ils !

C’est beau n’est pas ? En tout cas écrit comme ça, on a envie d’y croire à l’amour tout-puissant ! Mais la nature est parfois cruelle et triste. Nous avons vécu un enfer rempli de rêves frustrés. Je n’arrivais pas à tomber enceinte, et quand ça marchait finalement les fausses-couches venaient détruire nos espoirs. La naissance d’Eva fut difficile, et presque un miracle. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me remettre émotionnellement et physiquement de cette naissance.

Un an et demi plus tard, j’ai trouvé le courage de tout recommencer. De revivre les traitements d’hormones, les fausses-couches, et les frustrations. Je vivais un enfer, et avec le recul, je me dis que j’aurais dû être d’avantage accompagnée dans cette épreuve. Je me suis senti seule, triste, frustrée, et en colère… Mais je croyais que c’était à cause des hormones. Peu importe, puisque Matéo est arrivée dans nos vies ! Quelle joie ce petit bébé tout mignon dans mes bras, et sa petite sœur à côté de moi.

Malgré deux grossesses à risque, et deux césariennes en urgence, j’ai réussi à avoir deux beaux bébés ! J’avais réussi à créer une famille !!! Et je suis trop fière de moi-même !

La suite de cette histoire me fut complètement inattendue. Je me sentais parfois seule et triste, mais je trouvais mes sentiments injustifiés. J’avais tout pour être heureuse : un mari aimant, une belle maison que nous venions d’acheter, une jolie fille de 3 ans, et un petit bébé garçon !!! Je n’avais pas le droit de me dire que j’étais triste, je me suis crue hormonale. Peut-être que j’ai fait une sorte de baby-blues ou une dépression post-partum qui est passée inaperçue, mais j’ai tout fait pour refouler ces émotions et être la femme la plus heureuse de la planète ! Et croyez-moi, quand je vous dis, qu’après qqs semaines je me sentais heureuse, épanouie, et mère comblée. Ma petite famille était la chose la plus importante pour moi au monde ; mon mari, les enfants, et la maison… Que du bonheur !

J’ai gardé Matéo à la maison avec moi pendant un an ( j’ai déjà fait un article sur ce congé parental ici ). Le plus difficile fut d’être seule en permanence à la maison avec les enfants ; mon mari travaillant beaucoup, rentrait presque tous les soirs entre 20h30 et 21h. On ne se voyait pas beaucoup, et le soir, nous étions fatigués… Bonsoir les engueulades !

A la fin de mon congé parental, je suis retournée dans mon job de styliste, mais l’ambiance était difficile ignoble et méprisante car je me suis battue pour travailler à 4/5. J’ai vécu un stress horrible pendant des semaines ; aller travailler avec la boule au ventre, ne pas bien dormir, le sentiment d’être recalée et harcelée professionnellement… Une situation horrible à vivre. Bref, c’est un sujet clos et tout s’est bien fini avec un licenciement à l’amiable.

Entre-temps, je suis tombée très malade et on m’a soupçonnait d’un début de cancer du col de l’utérus. Trop d’hormones pour les grossesses, trop de fatigue, trop de stress… Une maladie qu’arrive plus souvent vers la quarantaine, mais que j’ai vécue il y a deux ans. Je vais très bien aujourd’hui, mais ce fut une période de beaucoup d’angoisse.

Vous pouvez déjà imaginer mon état d’esprit en 2015. Je me suis sentie seule face à tout ça, à devoir guérir mon corps, à devoir être forte, mais au même temps, à vouloir passer mes journées cachée sous la couette. J’ai commencé à mal dormir, à moins manger, à avoir mal au dos, mal au ventre, à être à fleur de peau, susceptible, facilement énervée, triste et en colère. Entre autres, les conflits de couple ont augmenté, et ne sachant pas comment gérer mon stress et mon mal-être, mon couple est devenu mon ennemi… La goutte qui a fait déborder le vase.

Sans le savoir, je suis tombée dans un Burn-Out.

C’est ce Burn-out qui a mis fin à mon couple ; trop de fatigue, trop de forces requises sur tous les fronts, l’énergie perdue à vouloir avoir une vie « parfaite ». Je me suis épuisée dans mon couple, et puis je me suis sentie seule et trahie.

Je vous parle de moi, mais dans chaque histoire d’amour il y a deux histoires en parallèle. Lui aussi, il à a son vécu et sa version des faits. Peut-être que mon récit est très unilatéral, mais c’est mon histoire, et mon vécu à moi en tant que femme.

Aurions-nous pu faire différemment les choses ? Qui sait. Peut-être pas, car qq’un m’a dit que nous avons eu la malchance de vivre en 10 ans ce qu’un couple normal devrait vivre en 30 ans ; quand les enfants auront grandi, et que le couple serait plus mûr.

Je vous raconte cette chronique dans l’espoir de vous éveiller sur ce fameux burn-out. On parle de burn-out de travail, de couple, de famille… Dans tous les cas, c’est une sorte de maladie de notre génération. On en parle beaucoup en ce moment, et c’est à croire que de nos jours, nous sommes tous au bord du burn-out. Mais, il ne faut pas hésiter à se faire aider avant que la situation n’explose. J’ai été trop seule et trop aveugle pour me rendre compte de mon état et de mon mal-être.

Voilà les causes et les raisons, sans rentrer dans les détails trop intimes, qui ’ont mené mon couple à une séparation. A mon avis, il n’y a pas de coupable. Nous avons certes, des reproches à nous faire, mais nous avons aussi deux beaux enfants.

Il m’a fallu du temps pour comprendre tout ceci, il ma fallu du courage pour écrire ces qqs mots et me dévoiler autant…  Ce n’est jamais évident de raconter la fin tragique d’une histoire d’amour.

Quelle est la suite ? Je n’ai aucune idée.

Sûrement une nouvelle  » chronique d’un divorce annoncé « .

 

Publié par

French blogger. From Paris with love.

6 commentaires sur « Chronique d’un divorce annoncé – I- »

  1. Je suis vraiment navrée pour toi … Je te suis depuis maintenant un certains temps et c’est vrai que certains jours, ou lors de certaines disputes, j’ai peur que ça m’arrive aussi … La vie est ainsi faite, malheureusement, mais vaut mieux être (finalement) heureux seule qu’accompagnée, pour nos enfants, pour qu’ils souffrent moins même si elle est inévitable. Encore désolée, Bises.

    1. Merci pour tes jolis mots. La seule chose que je pourrais te dire c’est de communiquer, de vous tenir la main , et de vous faire des bisous.Je nage encore dans tout ce-ci et je ne sais pas encore comment garder la tete hors de l’eau… Un jour à la fois. Bisous

  2. Merci de partager ton histoire avec nous. Je suis une visiteuse occasionnelle. Et là je te laisse un message pour te remercier. C’est une histoire que je viens de vivre aussi alors ton poste résonne fort en moi et aussi me permet de me sentir moins seule (rien que ça!). Nous avons vécu aussi en couple la longue attente de notre premier enfant, les hormones, les rendez-vous médicaux, les prises de sang, les espoirs et les déceptions, les unes après les autres. Et puis le miracle, deux fois, comme toi. En même temps mon marie a monté sa boite, il n’était jamais là. Quand on est plus jeune (et pourtant nous n’étions pas si jeune que ça!), dans le feux de l’action on pense que tout est possible et on ne prend pas toujours soins de nous (nous-même ou notre couple). Je pense avoir fait une depression pendant ma deuxième grossesse, beaucoup de pleurs, de disputes et surtout beaucoup de solitude. Je me suis un peu plus enfoncée à mon retour au travail qui ne s’est pas bien passé du tout. Des changements au travail et une depression post-natal pas très bien identifiée, en tout cas un épuisement certain. Nous nous sommes éloignés avec mon mari au point de ne plus pouvoir se comprendre, communiquer et s’accorder de la bienveillance dont nous avons tous tant besoin dans notre intimité. Les enfants ont un peu grandi et au moment ou je me suis dit que peut-être on pourrait aller mieux, le médecin lui a trouvé un cancer, depuis tout va bien de ce côté là. Mais la quarantaine, le cancer et nos années passées à s’éloigner progressivement, nous n’avons pas résisté. Il est parti. Parti pour lui, et finalement aussi pour nous. J’ai éprouvé un grand soulagement, nos relations étaient devenues si difficiles! En même temps qu’une grande tristesse devant la fin de ma famille telle que je l’avais espéré. Je me suis sentie abandonnée aussi, j’ai tant donné pour notre famille, je me suis oublié en chemin (une erreur parmis d’autres). Depuis j’avance à petits pas, les enfants ont encore un peu de mal à s’y faire, moi aussi d’ailleurs. Il faudra encore du temps pour que les choses s’organisent et que nos relations s’appaisent un peu. Je me demande encore souvent, quand les choses sont devenues irréversibles, quelles en sont les raisons. Et donc ce que tu nous raconte aujourd’hui me touche et me donne aussi quelques éléments de réponses je crois. Encore merci!

    1. Ton message me laisse sans voix, Delphine. Je pense que nous sommes fortes, et fragiles à la fois par périodes. Les grossesses nous changent, et peut-être que c’est facile de confondre dépression avec hormones. Mais le pire, c’est la suite de tout ce que nous avons vécu dans nos couples. J’espère pour toi que tu trouveras bientôt un nouvel équilibre. Je suis à la recherche, mais j’ai du mal à le trouver. J’ai peur, et l’avenir m’angoisse terriblement. Merci pour tes mots. Plein de bisous à toi et à tes enfants.

      1. Merci pour ta réponse. Je te souhaite aussi de trouver ton nouvel équilibre. Ca va nous prendre un peu de temps, c’est sur. Retrouver l’équilibre et finalement trouver du positif dans la situation. J’espère en tout cas. Je suis contente de prendre un peu de temps pour moi. Tu as en tout cas l’oeil pour les jolies choses (comme le montre tes photos). Ca adoucit un peu la vie.

  3. Bonjour Vivianne,
    Je suis une lectrice occasionnelle mais j’aime beaucoup ton blog et ton petit univers.
    Je suis bien triste de lire ces mots et te souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve. C’est un nouveau chapitre qui se tourne, tes enfants t’aideront à surmonter tout cela !
    Cela prendra du temps mais tu y arriveras!
    Belle continuation.
    Audrey

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